La fresque
Cette page s'inspire largement d'un dossier de presse rédigé par les trois enseignants en arts plastiques qui ont encadré le projet: Yvanne De Coligny, Maude Ovize et Alexis Monternot.
Oeuvre artistique pérenne dans la cour du Lycée Lalande, cette fresque est le fruit du travail d'une quarantaine d'élèves de terminale, avec l'accompagnement d'un artiste en résidence au lycée, Nicolas Daubanes, et de leurs trois enseignants d’arts plastiques.
Workshop, une semaine avec Nicolas Daubanes

Qu’est-ce que Résister aujourd’hui ? 80 ans plus tard, réfléchir à cette question, en rendant hommage à cette jeunesse qui s’est battue pour notre liberté est plus que jamais nécessaire.
Un mur abîmé de plus de 30 mètres de long bordait la cour du lycée. Inscrire sur ce mur le passé du lycée pour qu’il fasse écho à notre présent a été le premier leitmotiv de ce projet.
L’artiste Nicolas Daubanes, que les élèves de terminales avaient déjà rencontré à plusieurs reprises, évoque dans son œuvre la manière dont on cherche à sortir d’une emprise, d’une pression extérieure, ou du milieu carcéral. Ce questionnement les a amenés à réfléchir sur la notion de résistance.
Une semaine de workshop avec l’artiste leur a donc permis d’élaborer, de concevoir puis de réaliser une œuvre de mémoire s’inscrivant sur ce mur du lycée, en hommage aux élèves du lycée arrêtés en 1944.
Comment rendre hommage à ces élèves résistants sans décrire ou raconter les événements passés a été le questionnement majeur de ce projet. Une façon de permettre aux élèves de faire un pas de côté, de voir autrement... Donner une dimension plus universelle et symbolique, poétique à ces évènements, de manière à ce qu’ils fassent écho à notre présent.

Séance de concertation et travail autour de la maquette avant la réalisation

Cartographie et maquette de travail en salle d’arts plastiques.

Ce sont les archives municipales de Bourg-en-Bresse, les textes des résistants, leur écriture, les témoignages d’un ancien professeur d’histoire.


Collage de documents d'archives - à droite, extrait du témoigange de Jean Marinet sur le 5 juin 1944

La préfecture de Bourg-en-Bresse

Ancienne carte de Bourg-en-Bresse
Première de couverture de la bande dessinée "Bourg-en-Bresse, Lalande se rebelle" de Pierre Mercier, illustrée par Josselin Duparcmeur, que les élèves ont rencontrés.


Dessins préparatoires et sélections des lieux importants de la Résistance liés aux lycéens : porte d’honneur du lycée, la brasserie Le Français, la trésorerie générale, la sous-préfecture... Ils seront gravés dans les plaques à la manière des graffitis retrouvés dans les dortoirs du lycée.


Tout d’abord, un groupe d’élèves a retravaillé les parties sélectionnées dans les archives par l’ensemble des élèves. Puis ils ont recomposé des vers, des mots pouvant évoquer ce qu’ils avaient lu.
Dans un deuxième temps ils ont imité l’écriture des résistants pour réécrire ces mots.
Passé et présent ne font plus qu’un dans une continuité d’écriture et de graphie. Les élèves du lycée Lalande se remplacent et perpétuent la mémoire.

Enfin, chaque morceau de phrase vient suivre les lignes du dessin cartographique comme une légende poétique.

"Jour de fuite" est issu des archives photographiques des graffitis du dortoir du lycée.

Il vient s’inscrire comme sur la tranche d’un livre ouvert.

Comment signer sur un monument pour la mémoire? L’ idée qui est ressortie est d’apposer son empreinte. Ainsi chacun est présent tout en restant dans le flux de cette passation de mémoire.

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8 juin 2024, devant la fresque, scène finale de la pièce "Le Refus"
Les élèves de terminale présentent leur travail
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